Les écrans influencent l'apprentissage dans les études supérieures
Outils et conseils pratiques

Les écrans influencent l'apprentissage dans les études supérieures

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Un usage passif et prolongé des écrans nuit à la concentration et à la mémorisation, tandis qu'un usage actif et encadré (prise de notes numérique, veille ciblée, cours en ligne structurés) soutient l'apprentissage et l'organisation du travail dans le supérieur.

Plusieurs heures d'écran par jour pour un étudiant, entre cours en ligne, réseaux sociaux et séries pendant les révisions, et pourtant certains décrochent une mention quand d'autres échouent aux partiels. La différence ne tient pas au temps passé mais à ce qu'on fait avec cet écran. Après le lycée, la donne change : l'ENT remplace le cahier de textes, les fiches se prennent sur tablette et les groupes de travail se coordonnent sur messagerie. Reste à savoir distinguer l'outil qui fait progresser de celui qui disperse l'attention avant un examen.

Écrans et apprentissage : ce que montre la recherche

L'impact des écrans sur l'apprentissage n'est ni uniformément négatif ni automatiquement positif : tout dépend de l'usage qui en est fait. Les données du numérique éducatif suivies par la DEPP, relayées par le ministère de l'Éducation nationale, montrent que l'exposition aux écrans influence différemment les élèves selon qu'elle relève d'un usage passif, défilement de contenus, divertissement continu, ou d'un usage actif tourné vers une tâche précise, comme la recherche documentaire ou la prise de notes. Le chercheur Romuald Normand, qui étudie les politiques éducatives et les usages numériques des élèves, souligne que la fragmentation de l'attention observée chez certains d'entre eux tient moins à l'écran lui-même qu'à la manière dont il s'intègre au travail scolaire.

Usage pédagogique des écrans dans l'enseignement supérieur

Dans le supérieur, l'écran devient un outil de travail à part entière, à condition de rester actif plutôt que subi. Plusieurs usages structurent aujourd'hui la vie étudiante :

  • Suivi de cours à distance : les Campus connectés, soutenus par la Caisse des Dépôts, permettent à des étudiants éloignés des grandes villes universitaires de suivre une formation supérieure sans déménager, via des salles équipées, à l'image de ce que présente ce dossier sur l’enseignement et les écrans Speechi, et un accompagnement de proximité.
  • Prise de notes numérique : ordinateur portable ou tablette à stylet pour structurer un cours en direct, avec l'avantage de pouvoir rechercher, réorganiser et compléter ses notes après la séance.
  • Plateformes de cours et espaces numériques de travail : dépôt de supports, exercices en ligne et quiz d'auto-évaluation qui prolongent le travail réalisé en amphithéâtre ou en BTS/BUT.
  • Outils collaboratifs : documents partagés et visioconférence pour les travaux de groupe, les projets tutorés ou la préparation des oraux.

Ce panorama montre que l'écran soutient l'apprentissage quand il sert un objectif de travail identifié, et non un usage continu sans intention précise.

Effets sur l'attention et la mémorisation

L'attention et la mémorisation reposent sur des mécanismes cognitifs qui se fatiguent lorsqu'ils sont sollicités en continu par des stimuli multiples. Un usage d'écran marqué par le multitâche permanent, messagerie ouverte pendant les révisions, notifications qui interrompent la lecture, fragmente la concentration et complique l'encodage des informations en mémoire à long terme, un constat documenté par les travaux relayés par le ministère de l'Éducation nationale sur la performance académique et le bien-être des élèves. Cette fragilisation de l'attention ne disparaît pas à l'entrée dans le supérieur : un étudiant qui prépare un examen en alternant lecture et réseaux sociaux consolide moins bien ses connaissances qu'un étudiant qui isole des plages de travail sans interruption. Il faut toutefois nuancer ce constat : la corrélation entre temps d'écran et difficultés scolaires ne signifie pas une causalité directe, le contexte d'usage, l'encadrement et la motivation personnelle comptant tout autant. La réussite académique dépend donc moins du temps passé devant un écran que de la qualité de l'attention mobilisée pendant ce temps, un principe valable aussi bien en classe préparatoire qu'en licence ou en BTS.

Combien de temps d'écran pour bien apprendre ? Repères par contexte

Combien de temps d'écran pour bien apprendre ? Repères par contexte

Après le bac, il n'existe pas de seuil horaire officiel universel : les repères d'âge comme la règle des 3-6-9-12 s'adressent aux enfants et ne s'appliquent pas tels quels aux étudiants. Cette grille rappelle toutefois un principe transférable : distinguer les usages selon leur fonction plutôt que de compter les heures globalement. Le tableau ci-dessous propose des repères pratiques adaptés à la vie étudiante :

ContexteRepère d'usageObjectif
Travail personnel actif (révisions, rédaction)Séquences de 45 à 50 minutes suivies d'une pause de 5 à 10 minutes sans écranPréserver la concentration et limiter la fatigue attentionnelle
Cours et prise de notesUn seul support ouvert, notifications désactivéesÉviter le multitâche pendant l'écoute active
Pause entre deux séances10 minutes, si possible loin d'un écranRécupérer l'attention avant la séquence suivante
Loisir numérique en soiréeCréneau défini à l'avance, en dehors des heures de sommeilNe pas empiéter sur le temps de récupération nécessaire aux apprentissages

Adopter un usage raisonné des écrans en études supérieures

Concilier écrans et réussite dans le supérieur tient à quelques habitudes simples, à mettre en place dès la rentrée :

  • Couper les notifications pendant les plages de travail profond, y compris sur l'ordinateur portable.
  • Réserver la prise de notes manuscrite aux cours qui demandent une compréhension fine, l'écriture manuscrite conservant un intérêt reconnu pour la mémorisation.
  • Utiliser un minuteur pour délimiter clairement les sessions de révision et les pauses.
  • Ranger le téléphone hors de vue pendant les révisions plutôt que de compter sur sa seule volonté.
  • Réserver les écrans de loisir à des créneaux identifiés, distincts du temps de travail.

À retenir : ce n'est pas le temps passé devant l'écran qui détermine la réussite, mais la capacité à distinguer un usage de travail actif d'un usage de détente, sans laisser l'un déborder sur l'autre.

Retenir une règle simple suffit pour la suite du parcours : moins compter les heures d'écran que soigner leur contenu. Couper les notifications pendant les phases de révision, réserver les réseaux sociaux aux pauses chronométrées et privilégier la prise de notes active plutôt que le simple visionnage passif. Ces habitudes, prises dès la première année d'études supérieures, pèsent autant sur la réussite qu'un bon choix de filière.

À jour au septembre 2026

Commentaires

B...
Bérengère LHOUMEAU 17 mars 2026
Bonjour, je voudrais savoir dans quel texte règlementaire sont indiquées les dates de soutenance et de rendu de rapport indiquées dans cet article. La gratification des stages est de 4,50 € par heure de stage effectuée en 2026. (https://www.urssaf.fr/accueil/employeur/embaucher-gerer-salaries/embaucher/stagiaire-etudiant.html#:~:text=La%20gratification%20vers%C3%A9e%20au%20stagiaire,de%20stage%20effectu%C3%A9e%20en%202026) Merci.
A...
Anne-Paule 13 mars 2026
Très intéressant. Quelles sont vos sources pour les chiffres ?

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